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La nutrition est un facteur déterminant de l'état de santé d'une population. C'est pourquoi il est indispensable de connaître son comportement nutritionnel afin d'adapter au mieux les politiques de prévention et d'accompagnement. De nombreuses études ont été menées en France afin de déterminer les apports nutritionnels de la population :

  1. Etude Baromètre nutrition santé 2008, Escalon H et Co
  2. Etude Inca 2 2007, Afssa
  3. Etude Nutrinet Mai 2010 (UREN et USEN, Hercberg, Galan and Co)
  4. Etude du val de Marne 1988, S. Hercberg

La dernière édition du Baromètre Nutrition Santé 2008-2009

Escalon H., Bossard C., Beck F. dir, Baromètre santé nutrition.
Saint-Denis, coll. Baromètre santé, 2009 : 424 p, INPES

Cette étude a permis d'évaluer et de suivre dans le temps le comportement et les connaissances des Français en matière de nutrition. Elle a porté sur 4714 personnes âgées de 12 à 75 ans.

  • 11.8% des personnes interrogées avaient consommé au moins 5 fruits et légumes dans la semaine qui précédait le questionnaire. Il s'agit principalement de femmes et de personnes de plus de 55 ans.
  • 24.3% des personnes interrogées avaient consommé, la veille du questionnaire, 3 produits laitiers (ce qui est conseillé). Les plus grands consommateurs sont les 12-17 ans (44.6%) et les 55-75 ans (31.4%). Les 18-54 ans sont de petits consommateurs, avec seulement 18.3% ayant consommé trois produits laitiers.
  • 70.2% des personnes interrogées déclaraient avoir mangé des féculents au moins trois fois la veille du questionnaire. Les hommes ont une préférence pour la consommation de ces aliments, avec 70% d'entre eux contre 65.3% des femmes. Seulement 10.3% savent qu'il faut en manger trois fois par jour pour être en bonne santé.
  • 82.7% des personnes interrogées déclaraient avoir consommé une à deux fois un aliment du groupe « Viandes, produits de la pêche-œufs » la veille de l'enquête. Concernant le poisson, 45.3% déclarent en manger au moins deux fois par semaine, conformément aux recommandations, mais ce sont les femmes qui en sont les plus grandes consommatrices.
  • 75.2% de la population des 18-75 ans avaient consommé un produit sucré la veille de l'enquête. 22% avaient consommé des boissons sucrées (plus des hommes que des femmes). Les taux de consommateurs les plus élevés se situent entre 12 et 17 ans et les jeunes adultes (jusqu'à 44% de consommateurs).
  • L'utilisation de beurre, d'huile de tournesol et de margarine est en forte baisse depuis 1996. L'huile de colza et d'olive sont alors privilégiées.

La consommation de plats tout prêts au moins une fois par semaine se fait pour 47.3% des Français et plus particulièrement chez les jeunes. La baisse de la consommation d'alcool se fait également sentir, mais reste élevée avec 37.4% des personnes interrogées déclarant avoir bu de l'alcool la veille de l'interview. Cette baisse est plus importante chez les plus de 35 ans.

En résumé : les Français sont peu nombreux à suivre les conseils du Programme Nationnal Nutrition Santé. En effet, la consommation de fruits et légumes, de poissons et de produits laitiers est encore trop faible. Les plats tout prêts sont trop souvent préférés aux produits frais et la consommation d'alcool est encore trop élevée.

Etude INCA 2 : Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 2


Etude INCA 2 : Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 2

Cette étude, menée entre 2005 et 2007, rapporte la consommation alimentaire des Français sur 7 jours consécutifs, avec la participation de 2624 adultes et de 1455 enfants:

  • 86% des 55/79 ans respectent les 3 repas par jour (+ un goûter)
  • 74% des 3/10 ans également
  • Seulement 44% des 18/34 ans et 34% des 15/17 ans les respectent, avec un saut du petit déjeuner en général.

On constate une destruction plus marquée du rythme alimentaire entre 15 et 35 ans que chez le reste de la population.

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Niveau calorifique :

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En résumé : Au vu de cette étude, nos habitudes alimentaires ne permettent pas de couvrir l'ensemble de nos besoins, et notamment ceux en vitamines et minéraux ,pouvant entraîner des déficits plus ou moins graves.

Etude Nutrinet 1er résultat, mai 2009-mai2010

https://www.etude-nutrinet-sante.fr/fr/common/actualites.aspx

Etude sur internet portant au 27 novembre 2009, sur 104 356 participants. La majorité a entre 25 et 65 ans et 75% sont des femmes. Le but est de rapporter leur consommation alimentaire sur 3 jours de la semaine.

Consommation de fruits :

  • Les femmes consomment en moyenne 273 g/j de fruits contre 269 g/j pour les hommes.
  • La consommation la plus fréquente se trouve dans le Sud-Est.
  • Les consommations les moins fréquentes se trouvent dans le Nord, le Nord-Est et la Normandie.
  • 2 fois plus chez les plus de 65 ans que chez les moins de 25 ans et plus chez les hauts revenus et les hauts niveaux d'éducation.

Consommation de légumes :

  • 210 g/j pour les femmes, contre 193 g/j pour les hommes.
  • Les consommations les plus fréquentes se trouvent dans le Sud-Est et Sud-Ouest ainsi que dans le Poitou et le Limousin.
  • La consommation augmente avec l'âge. Elle est 60% plus forte chez les plus de 55 ans que chez les moins de 25 ans.
  • La consommation augmente avec le niveau d'éducation et est 30% plus élevée chez les hauts revenus.

Consommation de poissons :

  • 34 g/j pour les femmes contre 33.8 g/j pour les hommes.
  • Les consommations les plus élevées se situent en Ile-de-France, Bretagne, Aquitaine, Languedoc, Auvergne et PACA.
  • Les consommations les plus faibles sont observées dans le Nord, Nord-Est et la région Rhône-Alpes.
  • Augmentation avec l'âge de la consommation, deux fois plus forte chez les plus de 55 ans par rapport aux moins de 25 ans.
  • Augmentation avec le niveau d'éducation et les hauts revenus.

Consommation de beurre :

  • 8.8 g/j pour les femmes, contre 9.3g/j pour les hommes.
  • Consommations les plus élevées : Ouest, Centre-Ouest et Bourgogne.
  • Consommations les plus faibles en Aquitaine, Franche Comté et Languedoc.
  • Consommation plus faible chez les jeunes et les personnes âgées.
  • Consommation plus faible chez les hauts revenus.

Consommation d'huile :

  • 9.1 g/j pour les femmes et 10.9g/j pour les hommes.
  • Consommation surtout dans le Sud-Est.
  • Consommation la plus basse en Bretagne.
  • La consommation augmente avec l'âge et diminue quand les revenus augmentent.
  • 

En résumé : cette enquête a permis de mettre en évidence les régions les plus touchées par l'obésité et le surpoids, qui sont le Nord-Pas-de -Calais, la Lorraine et la Picardie contrairement aux régions Midi-Pyrénées, Languedoc et Bretagne qui semblent être plus épargnées par ce phénomène. L'obésité augmente avec l'âge et diminue avec l'augmentation à la fois des diplômes et des revenus.

Apports nutritionnels d'un échantillon représentatif de la population du Val-de-Marne

S.Hercberg, P.Preziosi, P.Galan, M.Deheeger, L.Papoz, H.Dupin, Rev epide.et santé Publ, 1991, 39,245-261

Les apports en vitamines et en certains minéraux ont été évalués dans cette étude réalisée en 1988 par le professeur S.Hercberg et son équipe. Plus de 1100 sujets, âgés de 6 mois à 97 ans, ont été sélectionnés de façon aléatoire afin de suivre leur comportement nutritionnel. Les réponses quotidiennes à un questionnaire alimentaire ont permis aux chercheurs d'évaluer leurs apports tout au long de l'étude. Des travaux récents ayant montré que même si les grandes pathologies liées aux carences avaient disparu dans les pays développés, un lien, entre des faibles apports en vitamines et minéraux et l'apparition de problèmes de santé (cancer, malformation fœtale) était tout à fait établi.

Les résultats analysés ont permis de démontrer tout d'abord que :

  • La consommation de vitamines et de minéraux est croissante de l'enfance à l'adolescence puis stagne au stade adulte pour diminuer légèrement tout au long de la fin de la vie (notamment pour la vitamine B1 et B2, le fer, le zinc, le phosphore et le magnésium).
  • Les femmes ont des meilleurs apports alimentaires en densité et non en quantité (moins de calories consommées) de vitamines et minéraux que les hommes.

De nombreuses déficiences au sein de cette population ont été mises en évidence lors de l'étude :

% de déficiences pour les vitamines et les minéraux

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  • Pour la vitamine B9, le risque de déficience s'élève à 30% chez les femmes et à 25% chez les hommes
  • Pour la vitamine B2 le risque de déficience est assez élevé et se situe aux alentours de 31% chez les femmes et de 22% chez les hommes

Les apports pour les autres minéraux ne semblent pas poser de problèmes puisque l'ensemble de la population se situe au dessus des recommandations.

En résumé : les français sont principalement déficitaires pour les vitamines A, B1, B6, B9, B2, C et E ainsi que pour les minéraux fer, cuivre, calcium, zinc et magnésium.

Conclusion

Ces études nutritionnelles menées sur la population française montrent que les recommandations faites par les organismes d'Etat ne sont pas rigoureusement respectées, et que des déficits en de nombreux éléments essentiels se font ressentir. On observe également de grandes disparités entre les régions avec notamment une grande différente entre le Nord et le Sud de la France.