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La nutrition est un facteur déterminant de l'état de santé d'une population. C'est pourquoi il est indispensable de connaître son comportement nutritionnel afin d'adapter au mieux les politiques de prévention et d'accompagnement. De nombreuses études ont été menées en France, afin de déterminer les apports nutritionnels de la population :

  1. Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 2 : Inca 2
  2. Etude Nutrinet Mai 2010 (UREN et USEN, Hercberg, Galan and Co)
  3. Etude du val de Marne 1988, S. Hercberg
  4. Etude baromètre nutrition santé 2008, Escalon H et Co
  5. Conclusion

Etude INCA 2 : Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 2

Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 2

 

 

iStock_000000144454XSmallincaPrésentation et protocole de l'étude:

L'étude Inca 2 a été initiée par l'Afssa (Agence française de la sécurité sanitaire des aliments) et a comme objectif d'évaluer les risques et les bénéfices nutritionnels et sanitaires liés à l'alimentation.
Dans cette perspective, l'étude Inca 2, menée entre 2005 et 2007, rapporte la consommation alimentaire des §Français, sur 7 jours consécutifs. Elle fait suite à l'étude Inca 1 ayant eu lieu entre 1998 et 1999. Cette nouvelle étude a nécessité la participation de 2624 adultes et de 1455 enfants.

 

Les 4079 participants ont eu pour principale mission de répondre à des questionnaires alimentaires, et ce quotidiennement. Un descriptif complet et détaillé de l'ensemble de leur nourriture (boissons comprises) est alors rapporté chaque jour pendant 7 jours consécutifs. Afin de prendre en compte les variations de saisons et donc de comportements alimentaires, l'étude s'est déroulée sur 3 phases entre fin 2005 et avril 2007. Chaque journée fut décomposée en 3 repas et 3 inter-repas, les participants devant noter non seulement les aliments consommés, mais également la quantité absorbée à l'aide de cahiers de références. Des visites des enquêteurs ont permis d'établir les profils socio-démographiques des individus ainsi que des caractéristiques physiques (poids, taille) pour les participants qui le désiraient. Les résultats ont pu être analysés et des tests statistiques effectués.

 

 

Résultats de l'étude :

Les Français prennent leurs repas généralement entre amis ou en famille et ce trois fois par jour :

  • 86% des 55/79 ans respectent les 3 repas /jour (+ un goûter)
  • 74% des 3/10 ans le respectent également
  • Seulement 44% des 18/34 ans et 34% des 15/17 ans le respectent avec un saut du petit déjeuner en général.

On a donc une destruction plus marquée du rythme alimentaire entre 15 et 35 ans que chez le reste de la population.

Les Français consomment :

 

La consommation alimentaire des Français

 

Niveau calorique :

Le niveau calorique des Français

 

Les Français se nourrissent différemment selon les régions :

  • le Nord et l'Ouest consomment d'avantage de beurre, tandis que le Sud et l'Est privilégient les huiles.
  • les légumes sont préférés dans le Sud, alors que ce sont les produits sucrés qui sont le plus consommés dans le Nord.
  • Si la façon de s'alimenter est différente, les apports nutritionnels et les déficits qui peuvent survenir le sont aussi. On observe ainsi une différence significative entre les apports en vitamines, minéraux et oméga entre les régions françaises.

L'obésité et le surpoids en France :

  • 11,6% des adultes français sont obèses, les hommes et les femmes étant touchés de façon égale.
  • Le surpoids touche généralement 1 femme sur 4 et 4 hommes sur 10.
  • 3% des enfants Français sont obèses, sans distinction de sexe.
  • La prévalence du surpoids et de l'obésité en France chez l'enfant semble cependant stabilisée depuis 1999.

En résumé : au vu de cette étude, nos habitudes alimentaires ne permettent pas de couvrir l'ensemble de nos besoins et notamment ceux en vitamines , oméga et minéraux pouvant entraîner des déficits plus ou moins graves. Toutes les régions sont touchées, avec cependant des différences dans la nature de ces déficits. L'alimentation étant différente, les manques le seront également. L'obésité reste élevée en france, bien que stabilisée chez les enfants. Des efforts supplémentaires sont à réaliser pour enrayer la trop grande prise de poids chez certains individus et ce en respectant des conseils nutritionnels adaptés et compréhensibles pour tous : alimentation équilibrée, pratique d'un sport, bonne hygiène de vie.

 

Etude Nutrinet 1er résultat, mai 2009 - mai 2010

https://www.etude-nutrinet-sante.fr/fr/common/actualites.aspx

 

Présentation et protocole de l'étude :

 

iStock_000007801553XSmallnutrimentCette étude sur internet, au 27 novembre 2009, a pour principal objectif de rapporter la consommation alimentaire des internautes sur 3 jours de la semaine. Elle est menée depuis mai 2009 par l'Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (UREN) dirigée par le Dr Serge Hercberg. L'étude porte sur 106 933 (au 3 janvier 2011) participants, dont la majorité a entre 25 et 65 ans. 75% des participants sont des femmes. L'étude doit durer 5 ans, mais des premiers résultats sont déjà parus et tendent à confirmer le lien direct entre l'alimentation et la santé.

 

Résultats de l'étude :

Consommation de fruits :

  • les femmes consomment en moyenne 273g/j de fruits, contre 269g/j pour les hommes.
  • la consommation la plus fréquente se trouve dans le Sud-Est.
  • les consommations les moins fréquentes s'observent dans le Nord, Nord-Est et la Normandie.
  • 2 fois plus chez les plus de 65 ans que chez les moins de 25 ans et plus chez les hauts revenus et les hauts niveaux d'éducation.

Consommation de légumes :

  • 210 g/j pour les femmes contre 193 g/j pour les hommes
  • les consommations les plus fréquentes se trouvent dans le Sud-Est et Sud-Ouest ainsi que dans ee Poitou et le Limousin.
  • la consommation augmente avec l'âge. Elle est 60% plus forte chez les plus de 55 ans comparés aux moins de 25 ans.
  • la consommation augmente avec le niveau d'éducation et est de 30% plus élevée chez les hauts revenus.

Consommation de poissons :

  • 34 g/j pour les femmes contre 33.8 g/j pour les hommes.
  • les consommations les plus élevées se situent en Ile-de-France, Bretagne, Aquitaine, Languedoc, Auvergne et PACA.
  • les consommations les plus faibles sont observées dans le Nord Nord-Est et la région Rhône-Alpes.
  • augmentation avec l'âge de la consommation, deux fois plus forte chez les plus de 55 ans par rapport aux moins de 25 ans.
  • augmentation avec le niveau d'éducation et les hauts revenus.

Consommation de beurre :

  • 8.8g/j pour les femmes contre 9.3g/j pour les hommes.
  • consommations les plus élevées : Ouest, Centre-Ouest et Bourgogne.
  • consommations les plus faibles en Aquitaine, Franche Comté et Languedoc.
  • consommation plus faible chez les jeunes et les personnes âgées.
  • consommation plus faible chez les hauts revenus.

Consommation d'huile :

  • 9.1g/j pour les femmes et 10.9g/j pour les hommes.
  • consommation surtout dans le Sud-Est.
  • consommation la plus basse en Bretagne.
  • la consommation augmente avec l'âge et cette consommation diminue quand les revenus augmentent.

Cette enquête a permis également de mettre en évidence les régions les plus touchées par l'obésité et le surpoids, qui sont les régions Nord-Pas-de-Calais, Lorraine et Picardie, contrairement aux régions Midi-Pyrénées, Languedoc et Bretagne qui semblent être plus épargnées par ce phénomène. L'obésité s'accroît avec l'âge et diminue avec l'augmentation à la fois des diplômes et des revenus.

En résumé : les consommations alimentaires sont différentes selon le sexe, l'âge, la localisation, et le statut de l'individu. Les Français bien que plus attentifs à leur alimentation restent encore peu nombreux à consommer des fruits et des légumes aux profits des produits trop sucrés ou trop gras.


Si vous souhaitez participer à cette étude :
https://www.etude-nutrinet-sante.fr/fr/common/login.aspx

 

Apports nutritionnels d'un échantillon représentatif de la population du Val-de-Marne

S.Hercberg, P.Preziosi, P.Galan, M.Deheeger, L.Papoz, H.Dupin, Rev epide.et santé Publ, 1991, 39,245-261

 

Présentation et protocole de l'étude :

iStock_000011085198XSmallvaldemarneLes apports en vitamines et en certains minéraux ont été évalués dans cette étude réalisée en 1988 par le professeur S.Hercberg et son équipe. Plus de 1100 sujets âgés de 6 mois à 97 ans ont été sélectionnés de façon aléatoire, afin de suivre leur comportement nutritionnel. Les réponses quotidiennes à un questionnaire alimentaire, ont permis aux chercheurs d'évaluer leurs apports tout au long de l'étude. Des travaux récents ayant montré que même si les grandes pathologies liées aux carences avaient disparu dans les pays développés, un lien entre des faibles apports en vitamines et minéraux et l'apparition de problèmes de santé (cancer, malformation fœtale) était tout à fait établi.

 

Les résultats de l'étude :

La consommation de vitamines et de minéraux est croissante de l'enfance à l'adolescence, puis stagne au stade adulte pour diminuer légèrement tout au long de la fin de la vie (notamment pour la vitamine B1 et B2, le fer, le zinc, le phosphore et le magnésium).

Les femmes ont des meilleurs apports alimentaires en densité et non en quantité (moins de calories consommées) de vitamines et minéraux que les hommes.

De nombreuses déficiences au sein de cette population ont été mises en évidence lors de l'étude :

% de déficiences pour les vitamines et les minéraux

Pourcentages de déficiences pour les vitamines et les minéraux

La vitamine B9 : le risque de déficience s'élève à 30% chez les femmes et à 25% chez les hommes.

La vitamine B2 : le risque de déficience est assez élevé et se situe aux alentours de 31% chez les femmes et de 22% chez les hommes.

Les apports pour les autres minéraux ne semblent pas poser de problèmes puisque l'ensemble de la population se situe au dessus des recommandations.

En résumé : les Français sont principalement déficitaires pour les vitamines A, B1, B6, B9, B2, C et E ainsi que pour les minéraux fer, cuivre, calcium, zinc et magnésium.

 

La dernière édition du baromètre Nutrition Santé 2008-2009

Escalon H., Bossard C., Beck F. dir,

Baromètre santé nutrition. Saint-Denis, coll. Baromètre santé, 2009 : 424 p, INPES

 

Présentation et protocole de l'étude :

iStock_000008483575XSmallcarotteCette étude, menée par l'INPES (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé), est basée sur le suivi dans le temps du comportement et des connaissances des Français en matière de nutrition. Prévue pour être suivie sur douze ans, elle porte sur 4714 personnes âgées de 12 à 75 ans. Le baromètre santé nutrition permet de suivre non seulement le comportement alimentaire des Français sur une durée relativement longue, mais également de mesurer différents facteurs (connaissances nutritionnelles, alimentaires, habitudes..). Le recueil des informations s'effecte par téléphone, à partir de questionnaires alimentaires mesurant les aliments consommés et les quantités.

 

Résultats de l'étude :

 

  • 11.8% des personnes interrogées avaient consommé au moins 5 fruits et légumes dans la semaine qui précédait le questionnaire, et ce sont principalement des femmes et des personnes de plus de 55 ans.
  • 24.3% des personnes interrogées avaient consommé la veille du questionnaire, 3 produits laitiers (ce qui est conseillé). Les plus grands consommateurs sont les 12-17 ans avec 44.6% et les 55-75 ans avec 31.4%. Les 18-54 ans sont de petits consommateurs avec seulement 18.3%.
  • 70.2% des personnes interrogées déclaraient avoir mangé des féculents au moins trois fois la veille du questionnaire. Les hommes ont une préférence pour la consommation de ces aliments, avec 70% d'entre eux en consommant, contre 65.3% des femmes. Seulement 10.3% savent qu'il est recommandé d'en manger trois fois par jour pour être en bonne santé.
  • 82.7% des personnes interrogées déclaraient avoir consommé une à deux fois un aliment du groupe « viandes, produits de la pêche-œufs » la veille de l'enquête. Concernant le poisson, 45.3% des participants déclarent en manger au moins deux fois par semaine conformément aux recommandations. Mais ce sont les femmes qui en sont les plus grandes consommatrices.
  • 75.2% de la population des 18-75 ans interrogés avait consommé un produit sucré la veille de l'enquête. 22% avaient consommé des boissons sucrées (plus d'hommes que de femmes). Les taux de consommateurs les plus élevés se situent entre 12 et 17 ans et les jeunes adultes (jusqu'à 44% de consommateurs).
  • L'utilisation de beurre, d'huile de tournesol et de margarine est en forte baisse depuis 1996. L'huile de colza et d'olive sont privilégiées.

La consommation de plats tout prêts au moins une fois par semaine se fait pour 47.3% des personnes interrogées et plus particulièrement chez les jeunes. La baisse de la consommation d'alcool se fait également sentir, mais reste élevée avec 37.4% des personnes interrogées déclarant avoir bu de l'alcool la veille de l'interview. Cette baisse est plus importante chez les plus de 35 ans.

En résumé : les Français sont peu nombreux à suivre les conseils du PNNS. En effet, la consommation de fruits et légumes, de poissons et de produits laitiers est encore trop faible. Les plats tout prêts sont trop souvent préférés aux produits frais et la consommation d'alcool est encore trop élevée.

 

Conclusion

Ainsi, au vu de ces études nutritionnelles menées sur la population française, on s'aperçoit que les recommandations faites par les organismes d'état ne sont pas rigoureusement respectées et que des déficits en de nombreux éléments essentiels se font ressentir.